Citations et peintures chinoises

Herbes folles

N’ayant pas beaucoup le temps d’écrire de longs articles en ce moment, j’ai alors décidé de vous présenter cette fois-ci, mes dernières aquarelles à l’encre de Chine.

Aussi, pour les illustrer, je vous dévoilerai quelques citations, issues du merveilleux livre que je suis entrain de lire,  » Souffle-Esprit « , de François Cheng.

Dans ce livre, François Cheng met en lumière les réflexions et les expériences des peintres et théoriciens Chinois, tout au long des siècles, au sujet de l’art du pinceau.

Celui-ci étant l’expression la plus haute de leur spiritualité où prime la notion de base: le Shen-Ch’i (« Souffle-Esprit« ). 

Elles sont pour moi de véritables instructions et inspirations dans la réalisations de tous mes travaux actuels.

Après quelques explications sur les outils et supports que j’utilise pour la réalisation de mes peintures chinoises, je vous laisserai découvrir, par thème, quelques citations et illustrations.

 

Le support

Mélangée avec de l’eau, l’encre de Chine nous offre une grande variété de teintes de gris très clair au noir carbone. Ce qui est formidable pour créer différents effets, notamment de profondeur ou de proximité.

Dans les travaux que je vais vous présenter, j’utilise du papier aquarelle Canson. Traditionnellement, on utilise du papier très lisse, nommé « feuille de riz » dans l’Ouest. Le nom est drôle car il est en réalité fait de bambou.

Je préfère pour l’instant m’entraîner sur des feuilles de papiers Canson, par peur de gâcher de si belles feuilles ! 

 

Les quatre trésors de la bibliothèque

 

L’art de la peinture à l’encre chinoise combine:

 

  • l’encre,
  • la fameuse Pierre à encre,
  • le pinceau Chinois
  • et du papier,

 

qui sont collectivement appelés « les quatre trésors de la bibliothèque».

L’art est méditatif et cherche à promouvoir la paix et le calme mental. La peinture à l’encre de Chine permet de nous exprimer agréablement. Les motifs à l’apparence simple, implique une totale maîtrise du souffle et du geste. 

 

 

Les bambous

« Le bambou n’est ni un arbre ni une herbe. Il ne donne ni fleur ni fruit. Il recèle en lui le pur souffle qui anime le Ciel et la Terre, qui incarne à la fois les vertus de droiture et d’humilité. Il détient la clé d’un mystère qui n’est qu’à lui. » Tai Hsi

 

 

« Pour dessiner le feuillage d’un bambou la méthode traditionnelle consiste à commencer par un groupe de quatre feuilles qui constitue l’unité de base. (…) Elles doivent, par la manière dont elles sont réparties, dont elles se succèdent et se répondent, former un tout vivant comme relié par un seul sentiment. » Wang Chih-yuan

 

 

 

« Il faut qu’il y ait une justesse infaillible pour ce qui touche le rapport entre la cime et la base, l’endroit et l’envers, le touffu et le clairsemé, etc. Cette relation juste permet seule d’exprimer la nature propre d’un bambou, sa présence noble et dépouillée, son allure fière est libre, tout élancée vers les nuages ». Wang Chih-yuan

 

 

 

Arbres

 

 » Qui apprend à dessiner des arbres doit commencer par un arbre dénudé. Qu’il ait souci dès le début de tracer des traits de pinceau ouverts,  pour que ceux-ci donnent l’impression de pouvoir pousser dans toutes les directions:  c’est alors seulement que les branches dessinées acquièrent une présence à multiples dimensions. » Ch’in Tsu-yung ( dynastie Ts’ing)

 

 

 

 » Groupés par trois, cinq ou plus, les arbres peuvent avoir des attitudes différentes:  les uns s’élevant vers le haut, les autres se penchant vers le bas; les uns plus lointains, les autres plus proches… C’est cette différence sans cesse renouvelée qui donne tout leur charme aux arbres. » Ch’in Tsu-yung(dynastie Ts’ing)

 

 

 

 

 » En dessinant des arbres, il faut savoir créer des contrastes entre la partie  dense et la partie clairsemée, cela aussi bien à l’intérieur d’un arbre qu’ entre les arbres. Les arbres représentés trop pleinement, peuvent être beaux mais ils ne laissent voir que leur devant. Ceux qui sont régis par un jeu équilibré du plein et du vide, donne l’impression d’être vus de tous côtés. » Fang Hsün

 

 

 

Fleurs et feuilles

 

 

« Dans l’art de peindre les fleurs,  la primauté est accordée aux notions de contraste et de “poussée interne”.  Sans ces qualités,  un tableau est dépourvu de densité.  Pour dessiner des feuilles, il faut se forcer d’en faire ressortir les aspects en contraste: Dur-mou, épais-mince,  envers-endroit,  clair-foncé, etc., cela afin de montrer la manière subtile dont elles se penchent les unes vers les autres, ou s’imbriquent les unes dans les autres.  Quant aux tiges et branches,  surtout les traits épousent leur “poussée interne »; quand tiges et branches sont représentées de façon vivante, les feuilles qu’elles portent le seront naturellement. » Sung Nien

 

« Il est dit dans le Hsüan-ho hua-p’u (premier recueil poétique de la littérature chinoise, datant du premier millénaire avant notre ère) que les fleurs et les plantes sont formées de la quintessence des Cinq éléments et animées par le souffle du Ciel et de la Terre. Elles vivent selon le rythme du Yin et du Yang. Lorsque le Yin et le Yang expirent, elles s’épanouissent; lorsqu’ils inspirent, elles se rétractent. Et les beautés si variées qu’elles incarnent ne sauraient être exprimées entièrement par des mots ». Wang Kai ( dynastie Ts’ing)

 

 

 

« Pour dessiner des fleurs, le peintre doit maintenir son poignet très au dessus du papier et attaquer avec résolution. Au gré de la poussée initiale, sans jamais interrompre l’élan, il fait ressortir, au travers de la succession des traits, l’esprit vivant des fleurs. » Chin Shao-ch’eng

 

 

 

 

 

 

Oiseaux

 

 

« A coté des plantes et fleurs, il faut apprendre aussi à dessiner les insectes, les oiseaux et les autres animaux. Car on a souvent besoin de ces derniers pour animer une scène de fleurs, tout comme dans un paysage de montagne ou de forêt on insère un pavillon ou une pagode, quelques pêcheurs ou bûcherons. » Chin Shao-ch’eng

 

 

 

« Pour peindre un oiseau, on commence généralement par le bec. on dessine d’abord la partie supérieure du bec, et, à partir de là, on enchaîne sur le nez et les yeux. Ensuite, on dessine la partie inférieure du bec, ainsi que la tête et la gorge. Puis, on revient à la partie supérieure pour compléter la nuque et le dos, les ailes et la queue. Puis, on revient à la partie inférieure pour compléter la poitrine, le ventre et les jambes ». Cheng Chi

 

 

« Tout peintre de fleurs et d’oiseaux devait fréquenter assidûment les oiseaux, ceux qui élevaient des rapaces, afin d’assimiler tous les traits caractéristiques inhérents à chaque espèce. Le même auteur recommanda au peintre de rester nuit et jour dans un jardin cultivé par un viel horticulteur, cela dans le même but de s’initier à tous les secrets concernant les formes et les gestes, si particuliers, des fleurs. » Tsou I-kuei   

Bird in Autumn

J’espère que cet article vous a plu! 

N’hésitez à me laisser un petit commentaire, pour me dire ce que vous en pensez.

En vous souhaitant à tous et toutes une excellente semaine.

A très bientôt, 

Marianne

 

 

Sources et bibliographie: « Souffle-Esprit » de François Cheng

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Maëva
9 mois il y a

Ouahhh qu’est ce que c’est beau 😍😍. Bravo pour ce bel article très poétique et magnifiquement bien illustré. Je suis admirative 😍

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